Janvoriaz

Toujours un peu fous !!
                                                                                                          
Comment raconter l’incroyable aventure qui a fait de Janvry, l’espace de quelques jours, la première station de ski d’Ile-de-France. Comment imaginer en entrant dans Janvry qu’à l’orée du village se tenait, fin janvier, un petit hameau enneigé et que sur la douce pente du champ qui surplombe la route, petits et grands s’adonnaient aux joies des sports d’hiver…

Folle épopée que celle-là qui s’annonce à l’automne avec ce projet fou d’une piste de ski avec descente aux flambeaux, démonstration de chiens d’avalanche, tartiflette, fondue, vin chaud,. A peine le marché de Noël terminé, voilà donc les «fous furieux» janvryssois aidés par quelques compagnons d’alentour qui s’attellent à la fabrication du «village d’altitude». En quelques jours, dans le froid et sous la neige, qui est au rendez- vous, un travail colossal fait émerger une plate-forme en bois, barrières, chalets, restaurants, buvette…un vrai défi relevé avec le sourire et des étoiles dans les yeux. Bien sûr, tout cela ne se fera pas sans difficultés, le remontepentes qui ne verra pas le jour, les skis d’enfants introuvables qui obligeront à en acheter une quarantaine de paires, le canon à neige qui peine à fabriquer la neige parce qu’il fait trop froid ! Au point que l’idée folle de récupérer la neige qui vient de tomber effleure un temps les esprits. D’ailleurs, il en sera ramassé grâce aux vehicules communaux et à l’aspirateur à feuilles.

Et puis d’autres déceptions, la lourdeur et la rigidité administrative, qui conduit l’inspecteur de circonscription d’Orsay à poser son véto sur la venue de plusieurs écoles et provoquera leur désaffection. Heureusement que d’autres ne le voient pas de cet oeil tel l’inspecteur de Dourdan qui soutiendra l’initiative janvryssoise et publiera même sur son site des photos de l’aventure. Dommage pour les enfants de Forges, Gometz et Limours qui n’auront pas pu profiter de l’installation et pour nous qui nous étions donné corps et âme pour les accueillir.

Le jeudi malgré tous ces aléas et grâce à l’énergie de tous les bénévoles, la piste est prête à accueillir les enfants des écoles. Comment oublier les sourires de ces enfants, les rires, les frimousses baptisées au chocolat… Que du bonheur ! Certains se rappelleront avec émotion de l’emerveillement et du plaisir de cette classe des Ulis, de ces enfants qui n’avaient jamais vu la neige en montagne ni grimpé sur des skis. 

Le vendredi était reservé aux janvryssois et aux bénévoles avec en soirée «au pied des pistes» une succulente et géante tartiflette qui rassembla plus de 180 personnes, emmitouflées, avec bonnets et parkas, mais réchauffées par l’atmosphère joyeuse et la magie du lieu. 

Le samedi, jour de folie avec des milliers de visiteurs, une neige qui tient ses promesses, un soleil au rendez-vous, une vraie sensation de dépaysement qui nous transporte dans les alpages et puis pour rassasier tous ces «skieurs et montagnards» une avalanche de crèpes, frites et vin chaud (la marque janvryssoise). Enfin pour parachever le tout, la petite ferme accueillera plus de 250 convives pour une fondue savoyarde. Le dimanche, lui verra une poignée de combattants lutter pour sauver la neige restante mise à mal par la pluie. 

Qu’importe, l’équipe tiendra bon pour préserver la magie et quelques skieurs pourront encore arpenter la piste. Que dire d’autre, évoquer l’avalanche de remerciements, les anecdotes amusantes telle celle de cet enfant disant à son père «tu es un menteur ! tu es un menteur !» «pourquoi je suis un menteur» lui répond son papa «parce que quand on veut aller au ski, tu dis toujours que c’est trop loin !»; et puis remercier tous ceux qui auront fait le succès de cet inimaginable événement, tous les bénévoles, les employés communaux, l’équipe de RCBA qui assurait la sécurité et les sponsors qui auront permis que ce Janvoriaz 2009 soit une initiative «de folie et de génie» tout en étant raisonnable, ne dilapidant en rien les finances communales en s’autofinançant grace aux subventions et recettes.